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Les locomotives à vapeur construites par SLM pour la voie étroite

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PATRIMOINE

La Société Suisse pour la construction de Locomotives et de Machines (SLM) à Winterthur

La société suisse SLM (Schweizerische Lokomotiv- & Maschinenfabrik) est sans conteste le plus célèbre et le meilleur constructeur de locomotives à vapeur de montagne au monde. C’est pourquoi elle a été choisie pour concevoir et construire les locomotives de la ligne Beyrouth-Damas qui compte 33 kilomètres de voie à crémaillère pour franchir le Mont-Liban.

Fondée en octobre 1871 par l’industriel Charles BROWN (1827-1905) et aujourd’hui disparue, la société SLM a établi son usine dans la ville de Winterthur, dans le canton de Zurich en Suisse. En 1900, l’usine s’étend sur un terrain d’une superficie de près de 9 hectares et emploie 1200 ouvriers. Dans les années 1920, se sont plus de 3000 ouvriers qui y travaillent.

Les locomotives à adhérence de type 130 série D pour la section de Maallaka à Damas

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Les locomotives combinées, crémaillère et adhérence, de type 031 série B

En 1893 et 1894, la société SLM conçoit et construit 8 locomotives à vapeur combinées, crémaillère et adhérence, pour la section Beyrouth-Maallaka (puis Rayak) de la ligne Beyrouth-Damas. Elles reposent sur trois essieux moteurs couplés et un essieu Adam porteur à l’arrière. Elles portent les numéros 1 à 8.

Dès les débuts de l’exploitation, le nombre de locomotives est jugé insuffisant et trois nouvelles machines du même type sont commandées et construites en 1896. Elles sont numérotées 9 à 11. Deux de ces locomotives, les n°9 et 11, auraient été démolies en 1925.

En 1904, deux autres locomotives du même type sont encore construites et portent les numéros 2 et 12 (la n°2 remplace l’ancienne locomotive n°2 construite en 1893 et qui était du même type).

Les locomotives combinées, crémaillère et adhérence, de type 041 série A

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Les locomotives combinées, crémaillère et adhérence, de type 050 série S

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Pour en savoir plus ...

Ces locomotives, de grande qualité, ont été largement décrites dans la presse ferroviaire de l’époque, notamment dans les articles suivants :

  1. -M. BLANCHE, “Le chemin de fer de Beyrouth-Damas-Hauran”, Revue Générale des Chemins de Fer, juin 1896, pages 342 à 354. (M. BLANCHE est l’Ingénieur du Service Technique Central de la société DHP).

  2. -Anonyme, “Rack Rail Locomotives, Damascus Railway”, The Engineer, 15 janvier 1897, page 58.

  3. -Anonyme, “The locomotives of the Beyrouth-Damascus Railway”, The Locomotive, 15 juillet 1910, page 149.

  4. -M. E. LASSUEUR, “Les locomotives du chemin de fer à adhérence et à crémaillère Beyrouth-Damas”, Bulletin Technique de la Suisse Romande, 12 mars 1927, pages 61 à 67. (M. E. LASSUEUR est ingénieur de la société SLM de Winterthur).

  5. -M. le baron VUILLET, “Le chemin de fer de Beyrouth à Damas et ses locomotives”, Chemins de Fer, n°164, 1950, pages 116-117. (Chemins de Fer est la revue de l’AFAC).

Quelques caractéristiques techniques :

- Ecartement de la voie : 1050 mm

- Poids à vide : 33,25 t.

  1. -Poids en ordre de marche : 44,2 t.

  2. -Diamètre des roues motrices : 0,9 m.

  3. -Timbre de la chaudière : 12 hpz (1 hectopièze = 1 bar)

  4. -Surface de la grille : 1,63 m2.

  5. -Diamètre des cylindres du mécanisme adhérence : 380 mm.

  6. -Course des pistons du mécanisme adhérence : 500 mm.

  7. -Diamètre des cylindres du mécanisme crémaillère : 380 mm.

  8. -Course des pistons du mécanisme crémaillère : 450 mm.

  9. -Diamètre du cercle primitif des roues dentées : 688 mm.

  10. -Longueur : 9,455 m.

  11. -Largeur : 2,75 m.

  12. -Hauteur : 3,85 m.

A propos de ces locomotives, E. LASSUEUR, ingénieur chez SLM, écrit en 1927 dans le Bulletin Technique de la Suisse Romande :

La disposition du mécanisme mixte, d’après le système Abt a été si favorablement choisie qu’elle a pu être reprise sans aucune modification pour les machines plus puissantes construites par la suite. Deux paires de cylindres, logés côte à côte, actionnent deux mécanismes distincts, pour marche à adhérence et pour marche à crémaillère. En raison de l’espace limité pour loger le mécanisme intérieur, cette disposition nécessita l’usage du châssis extérieur aux roues. Pour les locomotives construites par la suite, les dimensions générales seules ont été adaptées à la puissance augmentée de la machine à adhérence.

Toujours à propos de cette série de locomotives, Paul BLANCHE, l’ingénieur du Service Technique Central de la société DHP, écrit en 1896 dans la Revue Générale des Chemins de Fer :

Les essais de traction de ces machines ont donné pleine satisfaction. (...) Les vitesses sur les rampes intermédiaires de crémaillère et d’adhérence ont été proportionnellement supérieures aux prévisions du calcul. Les chaudières ont fait preuve d’une puissance de vaporisation considérable. La stabilité, la répartition des charges, et la circulation en courbes n’ont rien laissé à désirer. Enfin, depuis l’ouverture de la ligne à l’exploitation, ces machines se sont fort bien comportées tant au point de vue de la puissance qu’à celui du fonctionnement.

Elévation, vue de l’arrière et vue de l’avant des locomotives 031 série B, construites en 1893, 1894, 1896 et 1904.

En haut : la n°10 tirant un train de marchandises et se dirigeant vers Beyrouth (collection G. Pérève)

Ci-dessus : la n°8, construite en 1894, au Dépôt de Beyrouth en août 1995, exactement 100 ans après l’ouverture de la ligne Beyrouth-Damas ! (Photographie T. Tendjoukian)